Avis aux emprunteurs: Obtenir un prêt hypothécaire semble moins facile en 2020 qu'en 2019. Rien à voir avec la hausse des taux d'intérêt, même si les professionnels signalent une légère augmentation en début d'année. Non, l'échec est dû à des mesures restrictives imposées par les autorités aux banques pour empêcher la surchauffe du marché immobilier et qui peuvent avoir un effet profond sur les activités des banquiers et des courtiers.

La première alerte a été donnée par le professeur d'économie Michel Mouillart, qui recueille des données pour le Household Credit Monitoring Center, une organisation financée par la Fédération bancaire française (FBF). "Certes, au moins 100 000 et jusqu'à 130 000 ménages seront mécaniquement exclus de l'accès à l'immobilier cette année, soit près de 10% des transactions réalisées en 2019 (NDLR: 1,3 million au total), croit-il.

Respectez la durée du crédit et les conditions de la dette à 33%

Et la production de nouveaux crédits devrait être affectée entre 10 et 15 milliards d'euros. Sachant qu'il représente 185 milliards d'euros par an (Note de l'éditeur: à l'exception des rachats de crédit), cela représente 8% de la production », insiste un expert sur la base des restrictions imposées par le Haut Conseil de la stabilité financière (HCSF) dirigé par le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Mi-décembre, cette Autorité de surveillance financière a émis une série de recommandations exhortant les banques à respecter strictement les principales conditions du crédit en 2020: une durée maximale de prêt de 25 ans et un ratio dette / intérêts pouvant atteindre 33% du résultat net de l'emprunteur.

L'autorité laisse une certaine latitude aux banques: 15% de leurs prêts peuvent dépasser ces deux règles. "La disponibilité d'une hypothèque restera clairement", explique François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Dans une enquête parisienne, il a estimé le nombre de prêts menaçant sans une nouvelle base et a appelé au nettoyage et à «l'arrêt» de la «dérive» d'un versement mensuel de plus de 33%. revenu.

«Si nous ne rappelons pas aux banques des règles de bon sens, demain nous aurons un réel risque de surendettement de ces ménages. N'attendons pas le problème ou la crise financière: il serait trop tard pour agir », prévient-il. Mais ces mots ne convainquent guère les courtiers qui se sont déjà vu refuser un prêt.

"Les revenus modestes doivent augmenter leur taux de cotisation"

«On nous a récemment refusé deux documents d'emprunteur smic», explique Sandrine Allonier, directrice des partenariats bancaires avec Vousfinancer. Les banques sont également plus précises sur le domaine d'activité de l'emprunteur, et l'entretien de la surface ou de la restauration est considéré comme risqué. Chez usurtaux.com, l'enjeu est social. "Pour obtenir la propriété, un revenu modeste doit augmenter sa contribution personnelle, mais cela doit encore être possible", prévient son porte-parole Maël Bernier.

Et c'est la crainte de Michel Mouillart qui prédit déjà un effet domino sur l'économie: "Les 40000 à 50000 acquisitions qui devraient faire l'objet de travaux de conformité ne sont finalement pas soumises car leurs acheteurs doivent consentir à une injection de capital pour que leurs dossiers passent … si elles sont réalisées, financées par le crédit à la consommation, elles sont plus chères et risquées … finalement tout le monde y perd. "

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